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engagement & confrontation
pierre-yves martel prepared double bass


ambiances magnétiques AM148 (2006)
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  1. 1 1. Felt Clips 04:30
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  2. 2 3. Fromage en crottes 02:48
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  3. 3 2. Cages 02:44
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  4. 4 4. Seems far too familiar 03:20
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  5. 5 5. Benibraun 02:13
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  6. 6 6. For D/C 03:54
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  7. 7 7. Paper Clips, Please 03:40
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  8. 8 8. Interlude #1 00:35
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  9. 9 9. Monsieur Carignan 02:17
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  10. 10 10. Eczema 01:52
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  11. 11 11. Interlude #2 00:40
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  12. 12 12. Correspondances domestiques 03:16
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  13. 13 13. Mulo: Primo Segmento 02:55
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  14. 14 14. Mulo: Secondo Segmento 02:31
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  15. 15 15. Pneus semi-pneumatiques.com 02:04
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  16. 16 16. L'atelier à Lamario 04:20
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  17. 17 17. Dresser 01:17
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  18. 18 18. Arrivals and Departures 03:29
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“I can’t understand why people are frightened of new ideas. I’m frightened of the old ones.” —John Cage

When asked once why he played the guitar in such an unorthodox way, the now late Derek Bailey simply proclaimed that he wanted to find out what the instrument could do. Over the four decades he devoted himself to the cause of non idiomatic improvised music, this unique artist never backed down from his uncompromising vision of pushing the boundaries of music-making beyond the tried an true. Not unlike John Cage for that matter, Bailey was just as much a philosopher-king, in his case of free improvisation rather than composition. Even if both men approached music from entirely different directions, each one was as averse to old ideas as they were welcoming of new ones, however far-fetched they appeared to be.

To do that requires a singular sense of determination (or “engagement” as one would say in French), but also a willingness to challenge or to confront, be it oneself, fellow musicians, even listeners. And therein lies the meaning of the title of this debut recording of Canadian double bassist Pierre-Yves Martel.

Nowadays, solo recordings are by no means exceptional, even for the contrabass. But what makes this side stand out from the rest is his concept of “preparing” the instrument in numerous ways, and to find out what it can do in such “altered” states. Beyond the bow and fingers, there are assorted paper-clips, rings, sticks, some directly put on the strings, others on the bridge. But what counts here is not so much the hardware, but the results, and these are no less than fascinating.

But the sounds reproduced here, with no overdubs, by the way, were captured via a multiple-miking system (ten in total), designed in conjunction with the session’s soundman Ross Murray. With various mixes and pannings of signals, the listener is afforded a kind of auditory “trompe l’œil” (or “oreille”, in this case), providing a variety of aural perspectives.

Inasmuch as its portent is conceptual, its intent is totally improvised. Indeed, the musician wanted to surprise himself during the recording, and let chance occurrences happen, something he refers to as “happy accidents.”
Like any recording of improvised music, this one stems from a process (which evolved over a year and a half of experimentation), but one should not view it as an outcome, even less a final product. Quite to the contrary, this is but a first step for a musician of distinction as a player, accompanist and composer, and whose musical range extends from classical, to jazz and improv, and even to baroque and ancient music through his practice of the viola da gamba. And with his musical pedigree, who could doubt his commitment to music (i.e. the aforementioned “engagement”), and his readyness to confront all kinds of musical situations. But beyond all words, it is the music that best speaks for itself. Don’t head off the confrontation, folks: this is one thoroughly engaging side of music. —Marc Chénard, January 2006

“An innovative, personal, rich and diverse work of art.” —Mark Dresser



«Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les gens craignent les nouvelles idées. Moi je crains les vieilles.» —John Cage

Lorsqu’on lui posa la question pourquoi il jouait d’une manière si inorthodoxe, le guitariste récemment disparu Derek Bailey affirma tout simplement qu’il voulait savoir ce que son instrument pouvait faire. Pendant quarante quelques années, cet artiste s’est voué sans concession aucune à la cause de la musique improvisée dite non-idiomatique en repoussant constamment les frontières de cet art. À l’instar d’un John Cage, par exemple, Bailey était un maître à penser, dans son cas de l’improvisation totale plutôt que de la composition. Même si ces deux hommes abordèrent la musique d’angles opposés, chacun d’eux se montrait aussi dédaigneux à l’égard des idées convenues que réceptif aux plus nouvelles d’entre-elles.

Pour rester fidèle à cette prise de position, cela exige de l’artiste un «engagement» certain, mais une «confrontation» qui doit interpeler autant le musicien que ses collègues et le public. Et ce n’est point un hasard que l’intitulé de ce premier disque sous le nom du bassiste canadien Pierre-Yves Martel a été choisi pour décrire la démarche proposée ici.

De nos jours, les enregistrements en solo absolu ne sont plus exceptionnels, ni même pour la contrebasse, mais c’est le concept de préparer l’instrument pour en découvrir ses possibilités qui détache celui-ci du lot. Par-delà les différents usages de l’archet et des doigts, il y a aussi des bagues, bâtonnets et attache-feuilles qui viennent enrichir la palette sonore, parfois en étant fixés aux cordes, parfois sur le chevalet. Mais la quincaillerie importe peu à vrai dire; ce sont les résultats qui comptent, et ceux-ci sont à tout le moins captivants.

Tout ce qui émane de ce disque a été créé en temps réel, quoique capté par un jeu de dix micros répartis dans le studio suivant un concept de spatialisation élaboré entre le musicien et son preneur de son Ross Murray. Par un jeu subtil d’alternance et de juxtaposition des signaux sonores, l’auditeur est convié à un genre de «trompe oreille», d’où la capacité d’entendre la musique selon des perspectives sonores variables.

Bien que ce projet émane d’un dessein conceptuel clair, son contenu en revanche est le fruit de ce que le musicien qualifie d’«accidents heureux». Non seulement s’agit-il d’une musique créée entièrement en temps réel, mais elle est en parfait accord avec son désir de se surprendre.

Dans la plus pure tradition de l’impro, ce document passe pour un work in progress, le processus ayant été entamé un an et demi auparavant; toutefois, il ne faut pas l’envisager comme un aboutissement, ni même un produit fini, mais bien comme un premier jalon pour ce musicien de la relève, dont les talents d’instrumentiste, d’accompagnateur et de compositeur sont à la hauteur de ses expériences en classique, en jazz et en impro, sans oublier les musiques anciennes et baroques de par son usage de la viole de gambe. Avec ce pedigree, qui douterait alors de son engagement et de sa volonté de se confronter à un grand éventail de situations? Quoi qu’on en dise, ce sont toujours les sons qui parlent le mieux. N’esquivez pas cette confrontation, car il y a gros à parier que vous serez engagé à votre tour par l’écoute de cette reluisante surface. —Marc Chénard, janvier 2006

«Une œuvre d’art innovatrice, riche, diversifiée et très personnelle». —Mark Dresser